Conseil municipal 28 septembre 2017 : R2017-249 Plan Climat Air Energie Territorial 2016-2020

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Vous nous demandez aujourd’hui d’approuver le futur Plan Climat Air Energie Territorial pour  la période 2016-2020, plan qui s’appuie sur le paquet climat européen de 2008, la loi Grenelle 2 de 2010, la loi MAPTAM et la loi relative à la transition énergétique pour une croissance verte.

Les objectifs de ce plan sont ambitieux certes mais nécessaires pour assurer à nos concitoyens une qualité de vie dans les années futures qui soit la plus optimale possible. Nous y voyons là une ambition affichée et des objectifs clairs pour 2020.

Vous annoncez un plan composé de 60 actions, dont certaines sont intéressantes.

Je cite, entre autres :

  • Intégrer les questions du changement climatique et de l’air dans la façon de concevoir et construire la ville,
  • anticiper et gérer les situations d’alerte,
  • réduire les consommations énergétiques et les émissions directes de GES du patrimoine communal,
  • favoriser et valoriser l’économie circulaire.

Il ne se trouve plus grand monde aujourd’hui pour affirmer que l’Homme n’est pas en grande partie responsable du changement climatique, à part peut-être monsieur Trump et quelques climato-sceptiques.

Il est d’ailleurs triste de voir que les actions engagées lors du sommet de Paris, même si pour certaines on peinait à voir réellement quels étaient les engagements pris, ont été stoppées par le plus grand pollueur de la planète.

La température moyenne a augmenté de plus de 1° C en France entre 1850 et 2012, et certains climatologues annoncent un réchauffement planétaire supérieur à 5° C d’ici la fin du XXIème siècle si rien n’est entrepris.

Jacques Chirac avait fait un discours important à Johannesburg, parlant de maison qui brûle. Le constat est partagé par tous maintenant.  Qui n’a pas souffert cet été dans l’agglomération lors des 6 épisodes de canicule que nous avons subi ? 26 jours de canicule constatés en une année, je crois que nous venons de battre un record dont nous nous serions passés.

Vous reprenez d’ailleurs dans le rapport une carte prévisionnelle de Météo-France prévoyant pour Lyon une température moyenne estivale de 24° en 2070 alors que nous sommes actuellement sur un peu moins de 20°.

Nous avons au travers du futur PLU-H un outil de travail majeur pour limiter les effets des températures à venir. Soyons humbles, nous ne pourrons pas lutter à notre échelle face aux flux d’airs chauds remontant du Sahara. Par contre, nous pourrons lutter au travers d’espaces de respiration, de rafraichissements et seul le PLU-H en imposant des zonages réservés aux parcs et jardins, aux bassins pourra répondre à ces enjeux.

Nous espérons donc avoir bientôt dans cet hémicycle une présentation claire des zonages à venir, maintenant que la phase de consultation du PLU-H est terminée.

Un autre aspect doit être pris en compte en termes d’habitat, je veux parler ici de l’effet d’albédo bien connu des astronomes … et des architectes. Plus nous construirons des places minérales, plus nous construirons des bâtiments qui réfléchirons les rayons infrarouge, plus importantes seront les températures la nuit. Cet aspect doit lui aussi être instancié dans le futur PLU-H, au travers du coefficient de pleine terre.

Concernant les transports, nous ne pouvons que regretter, lors des épisodes de pollution majeurs, le peu d’intérêt que porte le Sytral à la mise en place de la gratuité des transports. Certes, le Sytral n’est pas le STIF parisien en termes de financements au travers des cotisations transports payées par les entreprises. Mais ne nous leurrons pas. Les vignettes Crit’Air, si elles sont un outil pour limiter les rejets polluants des véhicules d’ancienne génération, seront beaucoup trop restrictives en terme de transport pour de nombreux français qui n’ont pas les moyens de renouveler leur véhicule personnel, ni la possibilité de s’en passer. La gratuité des transports lors des épisodes de pollution est certes couteuse pour la collectivité mais importante à leurs yeux pour continuer à aller travailler.

Nous avons un point de divergence sur la place de la voiture en ville, la part donnée aux modes doux personnels (au vélo pour être clair) et l’avenir du secteur automobile. Tous les grands constructeurs ont pris le train en marche du véhicule électrique, sans attendre les annonces du ministre Hulot. Le dernier en date – Volvo – annonce d’ailleurs supprimer de sa gamme les véhicules essence et diesel pour 2019.

On constate aussi que la part modale des cyclistes n’augmente pas, malgré tous les efforts faits (Velo’V, bandes cyclables, parcs à vélo) et reste à Lyon stable aux alentours de 3%. De nombreux spécialistes des transports estiment même qu’elle ne dépassera jamais les 5% des trajets quotidiens. Dans ce cas, pourquoi continuer à tracer des bandes cyclables en nombre alors que les besoins sont d’avoir quelques pistes cyclables bien situées qui feraient office de rocades ? Demain ces infrastructures routières supprimées pourraient être utilisées par des véhicules non polluants, ne l’oublions pas.

Un dernier aspect sur les actions de la municipalité qui peut être un fer de lance du changement de comportement tient à la filière de l’économie circulaire. Notre groupe est très sensible au développement d’une filière de réemploi de tout type de matériel au travers d’un réseau d’entreprises adaptées afin d’agir sur plusieurs facteurs :

  • retour à l’emploi de personnes handicapées ou en insertion,
  • meilleure récupération des matériaux polluants ou énergivores lors de leur fabrication (plomb, nickel, cadmium, terres rares, …),
  • remise sur le marché de matériels reconditionnés à coût réduit pour permettre demain à de nombreux villeurbannais de s’équiper.

Ce circuit est vertueux. De nombreuses sociétés privées ont franchi le pas. Nous espérons que la mairie de Villeurbanne, à son niveau, le franchira aussi.

Monsieur le Maire, le groupe Les Républicains-Changeons Villeurbanne  ne fera pas l’impasse sur ces enjeux majeurs pour notre commune et votera le PCAET 2016-2020.

Je vous remercie.

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