Conseil municipal du 15 octobre 2018 : Rapport R 2018-324 Avis sur le projet métropolitain de Zone à faibles émissions (ZFE)

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Vous nous demandez ce soir de nous exprimer sur le projet de Zone à faible émission (ZFE) de la Métropole de Lyon.

Hormis le président des USA Donald Trump et Claude Allègre, ancien ministre socialiste de l’Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie, il n’y a plus grand monde sur Terre pour nier l’impact de l’activité humaine sur notre écosystème.

Cet été encore, les grands lyonnais ont souffert d’un nouvel épisode de canicule.

Les conditions de vie, et plus particulièrement les niveaux de pollution constatés ne sont pas bons.

En 2016, l’OMS classait les villes de Villeurbanne et de La Mulatière comme particulièrement polluées avec un niveau de particules fines supérieur à 3 fois la norme admise.

Ceci a des impacts forts sur la santé humaine. L’asthme infantile est de plus en plus important. 40 000 décès annuels prématurés seraient induits par la pollution atmosphérique selon un rapport du Sénat datant de 2015.

Certains pays ont pris le dossier à bras le corps comme la Suisse, qui a interdit le transit de fret routier et imposé aux transporteurs de traverser la fédération suisse par des autoroutes ferroviaires.

En France, un dispositif avait fait consensus, je veux citer l’écotaxe. Malheureusement et de manière incompréhensible, il a été abrogé de manière unilatérale en 2014. Mettons de côté le milliard que cela a couté, ce n’est pas le bon prisme d’analyse de ce fiasco.

C’est de la démagogie, du court-termisme et de notre incapacité commune à traiter les sujets de manière systémique qu’il faut faire le procès ce soir.

Le groupe Les Républicains-Changeons Villeurbanne ne remettra pas en cause le dispositif de Zone à Faible Emission ce soir.

Au contraire, nous considérons que c’est une première étape avant d’arriver à une Métropole où il fera bon vivre.

Toutefois, il nous semble bien insuffisant en l’état.

Tout d’abord, si on considère les particules fines, ce ne sont que 50% de ces particules fines qui sont induites par la Métropole, le reste venant des autres régions et pays européens à la différence du dioxyde d’azote qui reste localisé.

Concernant ces mêmes particules fines, la part des transports reste limitée à un tiers des particules générées. Limiter la zone de faible émission uniquement aux villes centres de Lyon et Villeurbanne ne permettra que d’agir à la marge du problème, surtout que le boulevard Bonnevay n’est pas inclus dans la ZFE.

Alors certes, vous nous opposerez aussi que le prochain passage à 70 km/h du boulevard Laurent Bonnevay permettra de limiter les impacts pour les riverains. C’est un fait, mais uniquement à isopérimètre.

Si nous prenons en compte le futur délestage du volume de circulation de l’A6/A7 sur le boulevard Laurent Bonnevay, les riverains de St-Jean, Bonnevay, Cyprian Les Brosses, ne verront pas leur situation s’améliorer.

Concernant les véhicules touchés par cette ZFE, nous notons que seuls les véhicules professionnels des artisans sont impactés.

Nous notons aussi avec plaisir que des aides de l’Etat et de la Région permettront aux artisans d’investir sur des véhicules moins polluants.

Nous espérons que si cette ZFE devait un jour être étendue aux véhicules personnels, ce genre d’aide sera lui aussi proposé aux particuliers.

Car il va faudra accompagner nos concitoyens vers un impact de leurs actions de transport le plus limité possible.

Ceci devra passer par des actions fortes sur l’offre des transports permettant aux salariés d’accéder à leur emploi par des transports en commun à toute heure et en tout lieu sans devoir prendre leur véhicule personnel, avec une conflictualité la plus faible possible limitant donc le nombre de jours de grève, et gratuitement les jours de pollution.

Il faudra aussi que tous les donneurs d’ordre publics et privés de la Métropole incluent dans leurs appels d’offre des critères environnementaux demandant des moyens de livraison peu inducteurs de gaz à effet de serre et de particules fines.

Il nous faudra aussi au niveau Métropolitain réfléchir à une politique de délestage du transit routier la moins impactante possible.

Enfin, il nous faudra faire avancer – et là au niveau national – une vraie politique de transports des biens la plus vertueuse possible.

Ce soir, nous donnerons un avis positif sur la Zone de Faible Emission mais avec réserves. Nous espérons que cette politique ne sera qu’une étape sur la longue route qui nous mènera à une limitation des impacts de l’activité humaine sur notre écosystème.

Je vous remercie.

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