Conseil municipal du 21 décembre 2017 : Rapport R2017-446 Budget Primitif 2018

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Vous nous demandez aujourd’hui de valider le budget primitif de notre commune pour l’année 2018.
Permettez tout d’abord aux élus Les Républicains – Changeons Villeurbanne de s’associer aux félicitations adressées aux services, ainsi qu’à l’adjoint aux Finances pour la qualité de la présentation du rapport.

Monsieur le Maire, nous pourrions nous réjouir de voir le budget équilibré et certains ratios financiers commencer à amorcer une décrue. Je veux ici parler des dépenses de personnels rapportées aux dépenses réelles de fonctionnement qui se réduiront si tout se passe bien de 60,22% en 2017 à 59,28% en 2018. Vous ne nous aviez pas habitué à une baisse de ce ratio ces dernières années.
Il en est de même avec le ratio des dépenses de fonctionnement et remboursement de la dette rapportées aux recettes réelles de fonctionnement qui passent de 90,59% à 87,29%.
Une lecture simpliste du ratio des dépenses d’équipement brut rapportées aux recettes réelles de fonctionnement passant de 28,47% à 38,34% nous remplirait de joie et nous ferait dire que notre commune investi pour le futur et accroit cet investissement année après année.

Mais voilà, nous ne pratiquons pas cette lecture simpliste, et en tant qu’élus pointilleux, nous étudions tous les indicateurs financiers qui nous sont fournis.
Tout d’abord, nous remarquons que pour la première année de notre mandature, et très certainement de son histoire, Villeurbanne prévoit de collecter en 2018 plus de 100 millions d’euros d’impôts et taxes, montant en hausse de plus de 5%. Ce montant est à lui seul responsable de la bonne tenue des 3 indicateurs listés au début de mon intervention.
Mais revenons un peu dans la réalité ! Tout salarié, tout employé aimerait bien avoir une augmentation de salaire du même tonneau. Et encore, je ne parle pas ici des retraités qui se verront appliquer un double peine bien malheureusement avec la hausse des impôts locaux et celle concomitante de la CSG.
Nous avions d’ailleurs voté contre cette hausse des impôts locaux au travers de la baisse du taux d’abattement général qui s’apparentait plus à un effet d’aubaine qu’à une réflexion sur les dépenses de la commune et leur optimisation.

Nous assistons en 2018 à la fin programmée du dispositif tant décrié des emplois d’avenir. Nous le regrettons pour ceux qui passaient par ce dispositif avec un espoir d’insertion, même si nous avons toujours eu du mal à y croire. Remarquons toutefois que vous avez pris en collaboration avec l’Etat et la Métropole un projet à bras le corps avec l’association Emer’Jean, projet que nous avons soutenu par un vote enthousiaste.

Nous voyons aussi la fin de la formation initiale des Policiers Municipaux au maniement des armes. Vous savez que ce projet a toujours été cher à notre cœur, nous qui avions comme unique objectif que de leur donner les moyens de se défendre contre une délinquance de plus en plus violente dans nos quartiers. Nous saluons ici votre changement de pied même si pour cela nous avons dû faire face à de nombreux quolibets dans cette assemblée. Mais nous sommes passés outre ceci.
Nous voyons aussi poindre à l’horizon l’arrivée des caméras de vidéo protection. Nous attendons avec impatience le résultat de l’étude en cours sur ce dispositif que nous vous proposons année après année. Espérons toutefois que notre assemblée sera la première à en être informée au travers pourquoi pas d’une commission générale et que nous n’en découvrirons pas le résultat dans la presse.

Nous avons eu connaissance d’une modification linguistique autour de votre perception du temps périscolaire. D’un service aux administrés devant permettre un développement des enfants hors temps scolaire – alors que de nombreuses familles dénoncent ce dispositif car engendrant trop de fatigue pour les enfants – vous commencez à laisser entendre aux parents d’élèves, aux membres de la communauté éducative, que ce dispositif coute cher et que vous vous en passeriez bien. On note d’ailleurs que votre adjoint à l’Education n’est pas forcément du même avis que vous et souhaiterait faire perdurer le périscolaire en faisant payer plus les familles : un rappel aux bons vieux réflexes socialistes.

Enfin, pour terminer, nous voyons les dotations aux associations et centres sociaux partir dans des directions différentes. Alors que le CCAS voit ses concours augmenter de 1%, que certaines contributions obligatoires restent stables dont celle de l’ENMDAD qui est la plus importante, les associations voient leurs dotations baisser en globalité de 1,75% par rapport à 2017.
Il est important à nos yeux que la règle de calcul des subventions – si elle existe – soit partagée et que la plus grande transparence sur ces concours soit faite. Que notre message soit clair. Nous ne remettons pas en cause le bien-fondé de ces concours, mais voulons être informés pour prendre la décision la plus responsable possible.
Monsieur le Maire, nous nous attendions en face de ces impôts supplémentaires à voir plus de réalisations, plus de projets lancés et réalisés sur cette mandature, de meilleurs services pour nos concitoyens.

Alors certes votre adjoint aux Finances, tout empreint encore de la marche des présidentielles 2017, qui a vu son héros arriver au Palais de l’Elysée, nous a expliqué que la contrainte budgétaire imposée par le gouvernement, ni de gauche ni de droite mais faisant perdurer la politique socialiste des années Hollande de baisse des dotations aux collectivités, imposera un maximum de hausse de 1,2% des dépenses de fonctionnement, inflation comprise, faute de quoi l’Etat baissera ses dotations dès 2019, et qu’il fallait prendre de bonnes habitudes, les contrats devant être signés en 2018.

Ce que nous craignions ces derniers mois est bien en train d’arriver.
Rappelez-vous monsieur le Maire notre position commune sur l’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des Français, exonération qui cachait en fait une reprise en main des finances des collectivités allant à l’encontre de la loi de décentralisation de 1982.
Si les dépenses de fonctionnement ne peuvent augmenter, alors c’est bien que les dépenses d’investissement doivent elles augmenter.
En lecture directe, c’est bien le cas. Mais ceci cache en fait un retard à l’allumage à mi-mandat plus que préjudiciable pour nos administrés.
Vous annoncez une augmentation des dépenses d’investissement à 61,6 millions d’euros contre 48,7 en 2017, dont entre autres l’acquisition du terrain de la future résidence qui devra succéder à la Résidence pour Personnes Agées de Château-Gaillard, l’achat de nouveaux modulaires pour le groupe scolaire du Carré de Soie, la poursuite de travaux dans le domaine scolaire et la construction du pôle sportif des Gratte-Ciel.
Que de projets annoncés en 2014 dont les réalisations sont en retard, l’inspection académique confirmant le retard pris pour les écoles de la Soie et des Gratte-Ciel qui ne seront pas ouvertes pour la rentrée de septembre 2020. Quant à celle de Grandclément que vous annonciez page 8 de votre programme « L’audace ensemble », elle a disparu corps et âme.
Il en est de même pour la résidence de Château-Gaillard dont vous annonciez une rénovation de grande ampleur pour en faire un site pilote. Si nous en sommes uniquement à l’acquisition du terrain, quand sera livrée cette nouvelle Résidence pour Personnes Agées ?

Alors certes, concernant le nouveau cinéma Le Zola, votre exécutif va encore vous défausser sur la région et sur Laurent Wauquiez.
Mais enfin, un peu de sérieux !
Vous savez bien qu’un engagement pris sur un coin de table et non contractualisé ne vaut rien. Vous connaissez tout comme moi le principe de continuité de l’Etat qui s’applique aussi aux collectivités lorsqu’elles signent des conventions. Et puis, si nous devons chercher des responsabilités, ne faudrait-il pas se tourner du côté des députés La République En Marche de notre Métropole, qui à la demande du ministre de l’Intérieur votent un amendement renégat en petit comité pour détourner des dotations de la Région vers la Métropole de Lyon ?
Ce type de comportement ne peut pas permettre d’assurer la sérénité des relations entre ces 2 collectivités. Alors oui, monsieur le Maire, Villeurbanne est prise en otage par des comportements inadmissibles, mais ils ne viennent pas de là où vous l’indiquez.
Lors de l’examen du projet du PLU-H, j’ai pointé au nom du groupe Les Républicains – Changeons Villeurbanne des éléments de stratégie de développement qui nous semblaient manquer à la vision que nous devons avoir de notre territoire.

Où sont les projets de développement commerciaux pour notre commune, projets qui amèneront à considérer Villeurbanne comme un territoire en développement ?
Où sont les projets à base de nouvelles technologies et plus particulièrement les capteurs industriels pour faire en sorte que l’empreinte écologique du patrimoine municipal réponde aux objectifs de la COP21 ?
Où sont les implantations d’entreprises afin que nos concitoyens trouvent de l’emploi sur leur territoire ? Car oui, nous soutenons l’entreprise, nonobstant les pensées de vos alliés politiques, pour qui le chef d’entreprise est l’incarnation du mal et l’employé un esclave des temps modernes.

Monsieur le Maire.
Vous savez combien je vous respecte.
J’ai toujours eu la franchise et le courage politique de dire quand j’étais d’accord avec vous. J’ai également plus souvent manifesté mes désaccords sans entrer dans une opposition de politique politicienne et stérile.

Je suis en partie d’accord avec vous, avec la cour régionale des comptes et avec l’association CANOL sur votre gestion de la ville, mais seulement en partie.
Vous avez en effet une gestion de la ville qui semble efficace enfin, qui a l’apparence de l’efficacité au premier abord.

Vous savez gérer un budget. Vous nous évitez un déficit abyssal contrairement à d’autres maires. Bref certains diraient que vous avez une gestion de bon père de famille, d’autres, plus médisants, pourraient dire que vous avez la gestion d’un « papy rapiat » tant vos investissements pour notre ville tardent à venir, enfin quand ils viennent.

Quand nous voyons le potentiel de la 19ème ville de France, nous avons mal au cœur. J’ai mal au cœur. Tant de manque d’investissements dans des projets économiques, d’entreprise et même, culturels pour tous.

Villeurbanne manque d’attractivité, elle est en quête d’essor. Elle mérite mieux que le statut de cité dortoir, de belle endormie à l’ombre de sa grande sœur lyonnaise.

Les Villeurbannais ont envie de plus, de mieux. Ils ont envie qu’on leur donne envie de croire à leur cité, à son avenir.
Si vous avez eu une vision un jour de l’avenir de Villeurbanne, aujourd’hui, vous n’en avez plus.
La flamme semble s’être éteinte.
Et j’en suis sans doute le premier désolé monsieur le Maire, car malgré nos divergences politiques, j’ai toujours eu un immense respect pour vous.

Monsieur le Maire, le groupe Les Républicains – Changeons Villeurbanne attend plus du budget primitif 2018 que ce qui est annoncé. En toute responsabilité, et devant les enjeux qui se présentent à nous, nous ne voterons pas ce budget 2018. Je vous remercie.

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