Conseil municipal du 21 mars 2019 – Voeu relatif à l’appel des Coquelicots

Monsieur le Maire, madame la rapporteur, mes chers collègues,

Qui dans cette assemblée oserait encore croire que certains pesticides de synthèse sont sans danger pour l’Homme et pour la biodiversité ?

Certainement pas le groupe Les Républicains – Changeons Villeurbanne.

La première version du vœu co-signé ce soir par la majorité des groupes ne nous convenait pas.

La version présentée ce soir, plus pragmatique, moins directive, nous a semblé cohérente avec une vision de l’écologie, non pas punitive, mais englobant autant que possible nos valeurs de sauvegarde des territoires ruraux et de notre agriculture.

Elle accueille donc notre assentiment, même si nous avons encore à redire sur les attendus.

La politique étant affaire de consensus, nous faisons ce soir notre part du chemin en cosignant ce vœu.

Villeurbanne a depuis quelques années franchi le pas du « 0 produits phytosanitaires », et ceci est a porter au crédit de notre assemblée.

Cependant, Villeurbanne n’est pas un territoire rural et agricole. Il est donc d’autant plus facile de respecter la charte « Objectif zéro pesticides dans nos villes et villages ».

Ce n’est pas toujours le cas de notre secteur agricole empêtré dans des normes toujours plus contraignantes et avec les difficultés économiques et morales qu’on lui connait.

Permettez-moi d’illustrer mon propos avec un exemple de ce qui est toute l’invention technocratique française et de ses dévers.

Depuis de nombreux mois, les agriculteurs du Cotentin et Hervé Morin, président de la région Normandie, alertent sur une problématique grave, car trop souvent rencontrée.

La carotte de Créances dispose d’une Appellation d’Origine Protégée depuis 1960.

Elle est cultivée dans les sables de la presqu’île du Cotentin et fait partie de notre patrimoine culinaire français comme de nombreux produits régionaux.

Dans 2 mois, si rien n’est fait au niveau de l’Etat français, les agriculteurs n’auront rien à semer.

Les technocrates du ministère de l’Agriculture ont décidé, sans que l’Europe ne le leur impose, de suspendre le seul produit phytosanitaire autorisé dans l’AOP et efficace contre le ver des sables – le dichloropropène.

Ce pesticide est par contre toujours autorisé par l’Europe pour nos voisins européens.

Alors qu’ils s’étaient préparés à cette interdiction d’utilisation, ayant obtenu des aides à la transformation de l’Etat, ces aides ont disparu !

Concurrence déloyale organisée, risque de disparition de notre autonomie alimentaire, voici ce qui s’organise actuellement au plus haut niveau de l’Etat.

Alors oui, nous sommes conscients du pouvoir polluant et dangereux de certains pesticides, utilisés y compris en agriculture biologique.

N’oublions pas aussi que les premiers concernés par la dangerosité de ces produits sont les agriculteurs. Pour leur santé, pour la biodiversité et plus particulièrement la pollinisation, et enfin pour réduire leurs charges financières et augmenter donc leurs revenus.

Il ne faut plus que notre agriculture pâtisse de normes plus contraignantes que celles décidées au niveau européen.

Il faut aussi que l’Europe mette en œuvre une vraie politique agricole commune et non plus la réduire de 15% comme cela a été le cas dernièrement.

Enfin, l’Europe doit mettre en œuvre de vraies barrières douanières pour interdire, ou tout du moins renchérir, l’importation de produits extra européens ne respectant pas les normes minimales imposées à nos agriculteurs.

Finis le poulet à la javel, le bœuf aux hormones ou le soja OGM.

C’est pourquoi ce vœu, aussi pertinent qu’il soit, reste perfectible dans sa portée qui doit être européenne.

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