Conseil municipal du 28 mai 2018 – Rapports 2018-115 et 138 Association Uni-Est et adhésion au GIP

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Vous nous proposez au travers de ces deux délibérations de prolonger pour une année encore la mise à disposition de personnel municipal au sein de l’association Uni-Est et de permettre l’adhésion de la commune de Villeurbanne au Groupement d’Intérêt Public « Maison Métropolitaine d’Insertion pour l’Emploi ».

Monsieur le Maire, tout dispositif permettant de sortir nos concitoyens du chômage, de la précarité est un dispositif utile. Notre groupe a toujours su faire objet de pragmatisme en votant les aides à l’association Uni-Est dans le passé.

Nous nous étions toutefois inquiétés en 2016 de voir remboursée l’avance de trésorerie de 60 000€ faite par la commune pour pallier au décalage des paiements des fonds sociaux européens. Le temps avançant, la certitude de voir cette avance remboursée a été confortée par l’arrivée partielle desdits fonds européens.

L’association Uni-Est verra son activité stoppée fin 2018, pour être démantelée et liquidée en 2019, remboursant alors les avances de trésorerie faites par les communes. Il reste toutefois une part d’incertitude quant au remboursement intégral de cette avance de trésorerie prévue en principe à l’automne 2018, et dans tous les cas avant la cessation d’activité d’Uni Est.

Uni-Est a toujours eu vocation à aider les citoyens les plus éloignés du marché de l’emploi au travers de l’aide dédiée aux allocataires du RSA, mais aussi de l’ensemble des publics en insertion (40% RSA pour 60% en insertion).

Par délibération n°2016-1537 du 10 novembre 2016, la Métropole de Lyon a décidé de prendre la main sur les 3 PLI, et de devenir après accord de l’Etat le seul organisme gestionnaire des crédits du Fond Social Européen.

La Métropole propose, au titre de la deuxième délibération, à la commune de Villeurbanne d’intégrer un nouveau dispositif géré par le Groupement d’Intérêt Public « Maison Métropolitaine d’Insertion pour l’Emploi».

Cette démarche nous amène plusieurs questionnements.

Premièrement, la part décisionnelle des villes adhérentes du GIP (y compris les anciens adhérents des PLI) sera délayée à hauteur de 12%, la Métropole s’octroyant 48% du poids décisionnel des politiques, la ville de Lyon 12%.

C’est à une perte de capacité à peser sur les décisions et de proximité des décisions des villes de l’est lyonnais que nous assistons. Nous espérons toutefois que le consensus sera l’objectif des membres du futur bureau du GIP.

Deuxièmement, et le point est plus problématique, alors qu’Uni-Est faisait porter ses actions sur l’ensemble des publics en insertion, le GIP vise au travers de sa première action majeure à développer l’action de mobilisation des entreprises du territoire en faveur de l’emploi des publics qui en sont les plus éloignés et notamment des bénéficiaires du RSA.

Quelle sera la répartition des publics suivis par le GIP entre les allocataires du RSA et les autres publics en insertion ?

En résumé, doit-on comprendre qu’il faudra attendre d’être allocataire du RSA pour obtenir une aide du GIP ?

Ceci n’est notre vision d’un dispositif d’insertion.

Nous nous sommes d’ailleurs laissé dire que ce n’était pas non plus la vision de la représentante de notre commune au bureau de l’association Uni-Est.

Monsieur le Maire, nous voterons ces 2 délibérations avec responsabilité mais surtout avec la vigilance rendue nécessaire par nos remarques.

Je vous remercie.

 

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