Pour un report de l’application de la réforme des rythmes scolaires !

La réforme des rythmes scolaires est rentrée en vigueur pour 20% des élèves du primaire en septembre 2013 dans 4000 communes. Son application se révèle être source de problèmes financiers et de désorganisations.

Cette réforme n’est pas financée. Pour 2013, son coût est d’environ 100 à 150€ par enfant, voire trois fois plus dans certaines zones rurales ou dans des villes moyennes peu dotées en infrastructures. Dans la plupart des cas, les aides de l’Etat ne suffisent pas à couvrir tous les frais. Pour la rentrée 2014, seules les communes défavorisées bénéficieront d’une aide d’Etat. Après 2014, les financements s’arrêteront hors aides de la Cnaf.

Une large part du poids financier de la réforme restera donc à charge des communes, dont la plupart ne pourront faire face, sauf à augmenter les impôts locaux, ce qui est inacceptable dans le contexte de matraquage fiscal subi par les Français. Est-ce d’ailleurs un hasard si le gouvernement est passé par un décret et non par une loi pour faire passer ce texte ? Il s’agit d’un transfert non financé de compétences de l’Etat aux communes, ce qui n’est pas constitutionnel. Une loi aurait pu faire l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel et probablement d’une censure sur la base de l’article 72-2 de la Constitution.

Cette réforme a été mal préparée. Il y a des difficultés à trouver des activités périscolaires valables pour remplacer les heures de cours. Est-ce pertinent d’un point de vue pédagogique de remplacer le temps d’apprentissage par de « l’initiation aux claquettes » ou de « l’initiation Hip Hop » comme c’est le cas à Paris ? La diverse qualité des activités périscolaires proposées risque d’ailleurs de renforcer les inégalités entre élèves. Beaucoup d’écoles subissent une désorganisation préoccupante en termes d’encadrement, d’horaires et de programmes. Faute d’avoir bien été organisée en amont, l’application de la réforme se traduit par un désordre anxiogène pour tous : personnels enseignants, parents et élèves, à commencer par les tout-petits en maternelle qui ont besoin de repères et sont perturbés par les changements permanents induits par la réforme. Il aurait sans doute été bienvenu d’imaginer une application différente entre la maternelle et le reste du primaire. Certains syndicats se sont mêmes alarmés de problèmes en matière de sécurité et d’hygiène. De nombreux maires, y compris de gauche car il ne s’agit pas là d’un sujet politicien, ont d’ailleurs eux aussi tiré le signal d’alarme.

Dans ce contexte, nous ne pouvons pas laisser les maires, les personnels enseignants, les parents et leurs enfants seuls face à tant d’incertitudes. Notre devoir est de réagir pour améliorer la situation dans nos écoles pour le bien de nos enfants.

C’est pourquoi j’ai officiellement demandé à François Hollande de reporter l’application de cette réforme tant qu’elle n’est ni financée de manière pérenne ni correctement organisée. Je vous invite à signer et à faire signer autour de vous la pétition pour le report de la réforme que je viens de lancer !

Jean-François COPE

http://www.u-m-p.org/agir/je-signe-la-petition/petition-pour-le-report-de-la-reforme-des-rythmes-scolaires

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